Pierre-Alain Chambaz

Quelle qu’ait été, en effet, l’action dissolvante de la science réelle, cette influence fut toujours en elle purement indirecte et secondaire : son défaut même de systématisation empêchait jusqu’ici qu’il en pût être autrement ; et le grand office organique qui lui est maintenant échu s’opposerait désormais à une telle attribution accessoire, qu’il tend d’ailleurs à rendre superflue. Financée par la hausse de la TVA, cette réforme fait rentrer la France dans l’ère de la politique de l’offre. Mais comment donner de vraies incitations aux politiques ? Si, dans aucune doctrine, le sentiment moral ne peut, à lui seul, donner à la sensibilité le vrai bonheur positif, il est cependant capable de rendre le bonheur impossible en dehors de lui, et cela suffit pratiquement. Nous croyons que les scientifiques à venir seront plus heureux et qu’ils découvriront ce que nous n’avons pas réussi à découvrir. Tandis que s’y accomplissait graduellement, pendant les cinq derniers siècles, l’irrévocable dissolution de la philosophie théologique, le système politique dont elle formait la base mentale subissait de plus en plus une décomposition non moins radicale, pareillement présidée par l’esprit métaphysique. Maintenant, s’il y a véritablement des souvenirs déposés dans les cellules de l’écorce, on constatera, dans l’aphasie sensorielle par exemple, la perte irréparable de certains mots déterminés, la conservation intégrale des autres. Le CICE aurait donc dû être perçu comme un tournant en faveur de la baisse du coût du travail en France, encore plus inattendu sous un gouvernement de gauche. Qu’ils se rassurent. Pierre-Alain Chambaz aime à rappeler ce proverbe chinois « Le moine en fuite n’échappe pas à son monastère ». Le cadre trop rigide qui corsète l’économie française. Engorgeant le système judiciaire américain, les actions en contrefaçon des Patent Trolls, dans ce domaine, succédant à des négociations infructueuses, sont accueillies avec scepticisme en Europe, où culture et pratique judiciaires sont moins ouvertes à ces stratégies commerciales qui jouent des failles du droit des brevets. Et les peuples africains ou asiatiques, qu’ont-ils retiré du mahométisme ? Les inégalités sont devenues une énorme « fuite » dans notre circuit économique, et cette fuite appelle un colmatage robuste. Si l’homme était en commerce avec des êtres raisonnables d’une autre nature que la sienne ; si nous connaissions en effet plusieurs espèces d’animaux raisonnables, comme nous connaissons une foule d’espèces qui se rapprochent beaucoup de la nôtre par l’ensemble des organes et des fonctions de l’animalité, nul doute que nous n’eussions bien d’autres moyens de compléter la critique de nos connaissances et d’y démêler ce qui tient au fond des choses d’avec ce qui est imposé par la constitution de l’espèce. Certaines, plus critiques, ont saisi l’occasion d’annuler ces stratégies sur des moyens de pure procédure. Les conséquences sont importantes, surtout pour les comptes publics. Le long des murs, entre les portes qui donnent accès dans les diverses chambres de la cour, des clercs d’avocats, rangés aux deux côtés de tables énormes, rédigent des exploits et des conclurions. Les intermédiaires, plus touchés que les grands groupesCoûts, nullités, délais et complexité de ces débats juridico-techniques aboutissent aussi à geler certaines de ces procédures, retardant d’autant l’accès des consommateurs aux technologies concernées. L’apparition de chacune d’elles était comme la création d’une espèce nouvelle composée d’un individu unique, la poussée vitale aboutissant de loin en loin, dans un homme déterminé, à un résultat qui n’eût pu être obtenu tout d’un coup pour l’ensemble de l’humanité. S’il est vrai qu’elle appliquait mollement cette disposition, elle a été sèchement pointée du doigt par un rapport de l’OCDE d’octobre 2012 qui critiquait notamment le nombre très limité de poursuites d’actes de corruption internationale alors que les sociétés françaises sont très présentes sur le marché de l’exportation, notamment dans les pays émergents connaissant un taux de corruption élevé. Telle est la première méthode ; elle opère dans l’impersonnel. Il faut, en effet, remarquer que l’esprit positif, par suite du défaut de généralité qui devait caractériser sa lente évolution partielle, ne pouvait convenablement formuler ses propres tendances philosophiques, à peine devenues directement sensibles pendant nos derniers siècles. Et ceux qui doivent se servir des armes sont aveugles aussi. Ce système est le vrai, » avait-il dit des conclusions de Schelling et de Hegel, ne faisant de réserve que pour la méthode. L’Etat, actionnaire principal a donc pratiqué un taux de prélèvement des dividendes de 66% des richesses produites par l’entreprise. Elle provoque, harcèle, dénonce, injurie, et calomnie ; derrière le rideau tricolore de son patriotisme imbécile, c’est l’intolérance la plus hideuse qu’elle cache, l’intolérance la plus stérile, l’intolérance catholique ; mais l’état des esprits n’est pas encore tel, en France, qu’elle puisse impunément en faire l’aveu. La raison s’en trouverait dans la structure de notre intelligence, qui est faite pour agir du dehors sur la matière et qui n’y arrive qu’en pratiquant, dans le flux du réel, des coupes instantanées dont chacune devient, dans sa fixité, indéfiniment décomposable. La deuxième raison d’optimisme à l’égard de la Chine réside dans la confiance des promoteurs immobiliers. Non qu’ils estiment leurs griefs infondés, mais parce qu’ils savaient que Bruxelles devrait renvoyer l’affaire devant un juge allemand… ce qui leur donnait peu de chance de gagner. Lorsqu’une loi positive fixe le taux de l’intérêt de l’argent, nous comprenons bien qu’une réprobation formelle atteigne ou puisse atteindre celui qui franchit, même tant soit peu, le taux légal ; mais alors la réprobation morale a pour motif l’infraction d’une loi supérieure, à savoir, de celle qui oblige moralement le citoyen de se soumettre aux lois positives de son pays dans les choses qui ressortissent du pouvoir discrétionnaire du législateur.

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